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Par Jennifer Vigot avec son aimable autorisation

Histoire dramatique


La masse me faisait barrage. Mes épaules étaient constamment cognées contre d'autres. L'agitation me fit tanguer, mon corps était instable, comme si le sol, progressivement s'offrait la verticale.

Silence. Mes oreilles ne filtraient plus aucun son, je n'entendais plus que ma respiration. Régulière, profonde. Serais-je encore capable d'exercer ce rythme de la vie?


Le soleil perça la fine masse de nuages, alors qu'un oiseau tentait de le suivre. L'air semblait frais, comme nouveau. En s'infiltrant en moi, il me laissa présager le printemps prochain. Agile, il fila le long de ma joue, et me glissa une chanson au coin de l'oreille. Il s'aventura alors dans mes cheveux fins, se perdit un instant et poursuivit son chemin. Il avait maintenant atteint des pétales de roses, posées avec délicatesse sur un bois brillant, il s'attarda et joua parmi elles. D'une force fluide et légère il les fit valser ensemble sur cette mélodie, avant de s'envoler, libérées pour un long voyage. Je le sentais s'éloigner, encore et encore, me laissant là, les pieds entourés de petits cailloux blancs, la main dans une autre... A l'horizon, je distinguais encore ces petits points rougeâtres, avant d'éternellement disparaître dans un pays qu'un jour j'apprendrai à connaître.
Le bois fut alors doucement cogné par une matière plus sombre. La terre fuyait de mon autre main, me laissant une trace au creux de la paume. En tombant elle émit un petit frappement sourd, et résonna tel un cargo à son départ.
Un filet d'eau me caressa la joue, alors qu'une main s'empressa de l'en empêcher.
Mes yeux furent soudain aveuglés par un rayon courageux, il le fallait pour se montrer une telle journée... Le mélange d'humidité et de clarté m'empêcha de distinguer ce qui m'environnait. C'est alors que l'opacité s'installa, au même titre que l'incompréhension. Mes narines cherchaient désespérément le parfum de la lavande, en vain... il avait disparu, la lumière et l'oiseau, lâches, s'étaient enfuis avec. J'étais seule, les genoux égratignés par le sol, la main plaqué contre celui-ci.



Alors... tu es parti. Tu m'as laissé, sous cette pluie à espérer égoïstement de découvrir un autre que toi. Tu m'as abandonné, parmi tous ces gens qui t'observaient d'un regard malsain entouré d'eau de pluie rougie. Tu m'as quitté sans paroles, sans invitation, sans me souffler « viens...suis moi ». Tu t'es enfui sans je t'aime, sans me tendre la main...
Ma main...

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